Ravalement de façade à Paris : le guide complet pour les copropriétés
Rédigé par Ali KATKAT, gérant de KRA Bâtiment, plus de 40 ans d’expérience dans la peinture et le ravalement à Paris. Mis à jour le 12/10/2026.
Votre syndic a parlé de ravalement à la dernière assemblée générale ? Ou la copropriété a reçu un courrier de la mairie ? Pas de panique. Un ravalement est un gros chantier, mais quand il est bien préparé, il se passe sans mauvaise surprise et il redonne de la valeur à tout l’immeuble pour les dix ou vingt années suivantes.
Depuis 20 ans, KRA Bâtiment réalise des ravalements d’immeubles en copropriété à Paris et en Île-de-France, sur des façades en pierre, en enduit plâtre, en brique ou en béton. Notre gérant exerce le métier depuis plus de 40 ans : il a vu passer de très nombreuses façades parisiennes, et surtout les erreurs de ravalement qu’il faut ensuite réparer. Ce guide reprend les questions que nous posent le plus souvent les syndics, les conseils syndicaux et les copropriétaires, avec des réponses concrètes : obligations, techniques selon la façade, prix, vote en AG, autorisations, isolation, aides et déroulement du chantier.
L’essentiel en bref
- Obligation : à Paris, les façades doivent être ravalées au moins une fois tous les 10 ans. Sont concernées les façades sur rue, mais aussi sur cour, les murs pignons et parfois les souches de cheminée.
- Prix : le plus souvent entre 50 et 150 € TTC par m² de façade à Paris, davantage pour la pierre de taille ou une façade très ornementée.
- Durée : comptez 4 à 6 mois de préparation (diagnostic, devis, AG, autorisations), puis 2 à 4 mois de chantier pour un immeuble parisien classique.
- Vote : majorité simple de l’article 24 de la loi du 10 juillet 1965, c’est-à-dire la majorité des voix exprimées des copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance.
- Autorisations : déclaration préalable de travaux obligatoire à Paris (1 mois d’instruction, 2 mois en secteur protégé) et autorisation de voirie pour l’échafaudage sur le trottoir.
- Isolation : obligatoire en principe si le ravalement porte sur au moins 50 % d’une façade hors ouvertures, avec des exceptions fréquentes pour les immeubles haussmanniens.
- Aides : un ravalement d’entretien n’est presque jamais subventionné. MaPrimeRénov’ Copropriété n’est possible que si les travaux permettent un gain énergétique d’au moins 35 %.
Le ravalement est-il obligatoire à Paris ?
Oui. Contrairement à la plupart des communes françaises, Paris impose aux propriétaires de maintenir leurs façades en bon état de propreté et de les ravaler au moins une fois tous les 10 ans. Cette règle vient du Code de la construction et de l’habitation. Elle s’applique aussi dans d’autres communes d’Île-de-France inscrites sur une liste fixée par arrêté préfectoral, et certaines villes ont mis en place leur propre politique de ravalement, parfois avec des subventions. Pour savoir si votre commune est concernée, le plus simple est d’interroger le service urbanisme de la mairie ou votre syndic.
En copropriété, l’obligation pèse sur le syndicat des copropriétaires. C’est donc la copropriété tout entière qui doit organiser et financer les travaux, et non chaque propriétaire pour sa partie de façade.
Quelles façades sont concernées ?
On pense spontanément à la façade sur rue, celle que tout le monde voit. Mais l’obligation vise toutes les façades de l’immeuble : celles qui donnent sur cour, les murs pignons, les murs aveugles visibles depuis la voie publique, et parfois les souches de cheminée. Dans beaucoup d’immeubles parisiens, la façade sur cour est d’ailleurs en plus mauvais état que la façade sur rue, parce qu’elle a été oubliée lors des précédents ravalements.
Au moment de demander des devis, vérifiez donc que toutes les façades sont bien chiffrées. Un devis qui ne comprend que la rue peut sembler attractif, mais il ne règle pas l’obligation.
Ravalement anticipé ou ravalement imposé par la mairie
Il y a deux façons d’aborder un ravalement : le décider soi-même, au bon moment, ou attendre que la mairie l’impose.
Quand un immeuble dépasse les 10 ans ou que sa façade se dégrade (salissures, fissures, enduit qui se décolle), la mairie peut adresser une injonction de ravalement au syndicat des copropriétaires. La copropriété dispose alors de 6 mois pour commencer les travaux. Si rien n’est fait, le maire peut prendre un arrêté qui impose les travaux, puis les faire réaliser d’office, aux frais des copropriétaires. Une amende pouvant atteindre 3 750 € est aussi prévue.
Six mois, c’est court quand il faut faire un diagnostic, réunir des devis, convoquer une assemblée générale et obtenir les autorisations. Pour le détail de la procédure et un calendrier semaine par semaine, consultez notre guide de l’injonction de ravalement en copropriété.
Notre conseil : si votre dernier ravalement date de 8 ou 9 ans, mettez le sujet à l’ordre du jour du conseil syndical dès maintenant. Vous aurez le temps de comparer les entreprises, de choisir la bonne saison et de voter les travaux sans la pression d’un délai.
Comment savoir si votre façade a besoin d’un ravalement ?
Le calendrier des 10 ans est une limite, pas une règle d’usure. Une façade exposée au nord, en bordure d’une rue très circulante ou mal protégée par sa zinguerie peut se dégrader bien plus vite. À l’inverse, une façade en pierre bien entretenue vieillit lentement.
Les signes qui doivent alerter :
- un noircissement ou des coulures sous les appuis de fenêtre et les corniches ;
- des fissures, surtout si elles s’élargissent ou laissent passer l’eau ;
- un enduit qui sonne creux quand on le tapote, qui cloque ou qui tombe par plaques ;
- des épaufrures sur les balcons en béton ou les nez de dalle, avec parfois des fers rouillés apparents ;
- des moulures, corniches ou bandeaux abîmés, avec un risque de chute de morceaux sur le trottoir ;
- des traces d’humidité à l’intérieur des logements, le long des murs de façade ;
- des mousses ou des végétaux qui poussent dans les joints.
Un point mérite une attention particulière : la chute d’éléments de façade. Un morceau de corniche ou d’enduit qui tombe sur un passant engage la responsabilité de la copropriété. Si vous constatez ce type de désordre, il faut faire intervenir rapidement une entreprise pour purger et sécuriser, sans attendre le ravalement complet.
Quel ravalement selon le type de façade ?
C’est la question la plus importante, et celle qu’on oublie souvent de poser. On ne ravale pas une façade haussmannienne en pierre comme une façade en béton des années 1970. Chaque matériau a ses techniques, ses produits et ses pièges. Une erreur de méthode peut abîmer durablement le support, et elle se voit parfois seulement quelques années plus tard.
Façade en pierre de taille
C’est la façade emblématique des immeubles haussmanniens, en pierre calcaire. La pierre est un matériau solide, mais elle est sensible aux méthodes de nettoyage agressives et aux produits qui l’empêchent de respirer.
Le nettoyage se fait par des techniques douces : nébulisation (de l’eau pulvérisée en fines gouttelettes qui ramollit les salissures), micro-gommage à basse pression avec une poudre fine, et parfois laser sur les sculptures délicates. Le sablage à haute pression est à proscrire : il décape la surface de la pierre, qui devient poreuse et se salit encore plus vite.
Après le nettoyage viennent les réparations. Les pierres trop abîmées sont remplacées par incrustation de pierre neuve de même nature, et les petits manques sont repris au mortier de chaux, teinté pour se fondre dans la pierre d’origine. Les joints dégradés sont refaits, eux aussi à la chaux. On termine souvent par une patine légère pour harmoniser les parties neuves et anciennes.
Ce qu’il ne faut pas faire : peindre une façade en pierre de taille avec une peinture qui forme un film, ou la reboucher au ciment. Ces produits bloquent l’humidité dans la pierre, qui finit par se déliter derrière.
Façade enduite au plâtre
Beaucoup d’immeubles parisiens antérieurs à l’époque haussmannienne, notamment dans les faubourgs, ont des façades en moellons recouvertes d’un enduit au plâtre et à la chaux. C’est une spécificité parisienne, liée à l’histoire des carrières de gypse de la région.
Ces façades se ravalent par piquage des parties d’enduit décollées ou qui sonnent creux, puis par reprise avec un enduit compatible, lui aussi à base de plâtre et de chaux. La finition se fait avec une peinture minérale ou un badigeon de chaux, qui laisse le mur respirer.
L’erreur classique est de reprendre ces façades au ciment ou de les recouvrir d’un revêtement étanche. Sur le moment, le résultat paraît impeccable. Mais l’humidité reste piégée dans le mur, l’enduit se décolle par plaques et les problèmes d’humidité apparaissent à l’intérieur des logements. Sur ce type de façade, le choix des produits compte autant que la qualité de l’application.
Façade en brique
On trouve des façades en brique apparente surtout dans les immeubles de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, ainsi que dans les grands ensembles de logements sociaux de l’entre-deux-guerres.
Le ravalement consiste à nettoyer la brique en douceur, à remplacer les briques éclatées ou gelées, puis à refaire les joints dégradés. Le rejointoiement est souvent la partie la plus longue du chantier, mais c’est aussi la plus importante : ce sont les joints qui protègent le mur des infiltrations. Un traitement hydrofuge peut être appliqué à la fin pour limiter l’absorption d’eau, à condition qu’il laisse passer la vapeur d’eau.
Façade en béton
Les immeubles construits après la Seconde Guerre mondiale ont souvent des façades en béton, parfois avec des balcons en saillie. Le béton vieillit d’une façon particulière : avec le temps, il perd sa capacité à protéger les armatures en acier qu’il contient. Les fers rouillent, gonflent et font éclater le béton autour d’eux. C’est ce qui produit ces épaufrures typiques sur les nez de balcon.
Le ravalement commence donc par le repérage et le traitement de ces zones : le béton abîmé est purgé, les aciers sont brossés et protégés contre la rouille, puis le volume est reconstitué avec un mortier de réparation. Vient ensuite la finition : une peinture de façade ou un revêtement d’imperméabilité, choisi selon l’état du support et l’exposition de la façade.
Les éléments à ne pas oublier
Quel que soit le matériau, un ravalement comprend aussi des éléments secondaires qui jouent un grand rôle dans la durabilité du résultat :
- la zinguerie : couvertines, bavettes d’appui de fenêtre, bandeaux en zinc qui protègent les saillies de la pluie ;
- les garde-corps et balcons : décapage, traitement antirouille et peinture des ferronneries, contrôle des fixations ;
- les modénatures : corniches, moulures, encadrements de fenêtres, à restaurer à l’identique ;
- les menuiseries des parties communes : fenêtres de la cage d’escalier, porte d’entrée de l’immeuble.
Une façade ravalée avec des appuis de fenêtre en zinc percés se salira de nouveau en quelques hivers. Profiter de l’échafaudage pour tout reprendre coûte bien moins cher que d’y revenir plus tard.
Les étapes d’un ravalement en copropriété
1. Le diagnostic de la façade
Tout commence par un examen sérieux de la façade : nature du support, état de l’enduit ou de la pierre, fissures, balcons, zinguerie, éléments décoratifs. Pour un immeuble ancien ou une façade très dégradée, la copropriété peut faire appel à un architecte ou à un maître d’œuvre, qui rédigera aussi le cahier des charges et suivra le chantier. Pour un ravalement plus simple, le diagnostic réalisé par l’entreprise lors de la visite de chiffrage suffit souvent.
Un bon diagnostic évite les avenants en cours de chantier. Si le devis ne dit rien de l’état de l’enduit ou des balcons, il y a des chances que les surprises arrivent une fois l’échafaudage monté.
2. La demande de devis
Le conseil syndical et le syndic consultent plusieurs entreprises. La loi impose une mise en concurrence au-delà d’un montant fixé par l’assemblée générale, et il est d’usage de présenter au moins deux ou trois devis. Pour qu’ils soient comparables, ils doivent porter sur le même périmètre (toutes les façades, la zinguerie, les balcons) et détailler les surfaces, les techniques et les produits.
3. Le vote en assemblée générale
Le ravalement est voté à la majorité simple de l’article 24 de la loi du 10 juillet 1965. L’assemblée vote en général plusieurs résolutions : le principe des travaux, le choix de l’entreprise, le budget, les honoraires éventuels (architecte, syndic) et le calendrier des appels de fonds. Si des travaux d’isolation sont envisagés, ils font l’objet d’une résolution séparée. Depuis la loi Climat et Résilience, les travaux d’économie d’énergie relèvent eux aussi en principe de la majorité de l’article 24 ; le syndic vous le confirmera lors de la rédaction des résolutions.
Une fois les travaux votés, chaque copropriétaire doit payer sa quote-part, même s’il a voté contre. Seuls les copropriétaires opposants ou absents peuvent contester la décision devant le tribunal, dans les deux mois qui suivent la notification du procès-verbal.
4. Les autorisations
À Paris, un ravalement nécessite une déclaration préalable de travaux. Le délai d’instruction est d’un mois, porté à deux mois si l’immeuble se trouve dans un secteur protégé, par exemple aux abords d’un monument historique. Dans ce cas, l’Architecte des Bâtiments de France donne son avis et peut imposer des matériaux, des techniques ou des teintes.
Si l’échafaudage occupe le trottoir, une autorisation de voirie est également nécessaire. L’entreprise s’en charge habituellement, mais le délai doit être intégré au calendrier.
5. Le chantier
Le chantier suit en général cet ordre : installation de l’échafaudage et des protections, nettoyage de la façade, purge et réparation des supports, traitement des fissures, enduits, peinture ou finition, reprise de la zinguerie et des ferronneries, puis repli de l’échafaudage et nettoyage des abords.
6. La réception des travaux
À la fin du chantier, le syndic, accompagné du conseil syndical et éventuellement de l’architecte, fait le tour de la façade avec l’entreprise. Les défauts constatés sont notés comme réserves dans le procès-verbal de réception, et l’entreprise doit les reprendre. Le solde n’est payé qu’une fois les réserves levées. La réception est aussi le point de départ des garanties.
Combien coûte un ravalement de façade à Paris ?
À Paris, un ravalement coûte le plus souvent entre 50 et 150 € TTC par m² de façade. L’écart s’explique surtout par le type de support et son état. Voici des ordres de grandeur, échafaudage compris :
| Type de façade et de travaux | Prix indicatif TTC par m² |
|---|---|
| Façade enduite en bon état : nettoyage et peinture | 50 à 80 € |
| Façade enduite avec reprise d’enduit et traitement des fissures | 80 à 120 € |
| Façade en brique : nettoyage et rejointoiement | 70 à 130 € |
| Façade en béton avec traitement des aciers et des épaufrures | 70 à 120 € |
| Pierre de taille : nettoyage, ragréages, remplacement de pierres | 120 à 200 € et plus |
Ces prix sont des moyennes constatées. Seule une visite sur place permet d’établir un devis fiable.
Un exemple de calcul
Prenons un immeuble parisien de six étages avec 400 m² de façade sur rue et 300 m² sur cour, en enduit, avec des reprises ponctuelles. À 100 € TTC par m², le ravalement coûte environ 70 000 € TTC. Un copropriétaire qui détient 50/1000e des charges générales paiera environ 3 500 €, en général réparti sur plusieurs appels de fonds.
Ce qui fait varier le prix
- La surface et la hauteur : plus l’immeuble est haut, plus l’échafaudage est lourd et coûteux.
- L’accès : une rue étroite, un trottoir encombré ou une cour difficile d’accès compliquent l’installation.
- L’état du support : des fissures nombreuses ou un enduit à refaire en grande partie font grimper le temps de travail.
- Les éléments décoratifs : corniches, moulures et sculptures demandent un travail de restauration minutieux.
- Les exigences de l’Architecte des Bâtiments de France en secteur protégé.
- Les travaux annexes : zinguerie, garde-corps, menuiseries des parties communes.
L’échafaudage représente à lui seul une part importante du budget. C’est pourquoi il est souvent judicieux de regrouper d’autres travaux pendant le chantier pour profiter de l’installation.
Quelle TVA ?
Pour un immeuble d’habitation achevé depuis plus de deux ans, les travaux de ravalement bénéficient en général d’une TVA à 10 %. Les travaux d’isolation thermique peuvent relever du taux de 5,5 %, sous conditions. Vérifiez que le devis applique le bon taux à chaque poste.
Qui paie ?
La façade est une partie commune. Les travaux sont donc payés par les copropriétaires selon leurs tantièmes de charges générales, sauf si le règlement de copropriété prévoit des charges spéciales par bâtiment. Le paiement se fait par appels de fonds, dont le calendrier est voté en assemblée générale.
Demandez un diagnostic et un devis gratuit pour votre façade → ou appelez-nous au 06 25 36 16 88.
Faut-il isoler la façade en même temps ?
Depuis 2017, lorsqu’un ravalement porte sur au moins 50 % d’une façade, hors ouvertures, la réglementation impose en principe de réaliser en même temps une isolation thermique. L’idée est simple : profiter de l’échafaudage pour améliorer la performance énergétique de l’immeuble.
Cette obligation connaît cependant plusieurs exceptions, très fréquentes à Paris :
- l’impossibilité technique ou juridique, par exemple une isolation par l’extérieur qui empiéterait sur le trottoir ou sur la propriété voisine ;
- les contraintes architecturales ou patrimoniales : une façade en pierre de taille, en brique apparente ou avec des modénatures ne peut pas être recouverte d’un isolant sans perdre son caractère ;
- le coût disproportionné, lorsque le temps de retour sur investissement de l’isolation dépasse dix ans.
Dans la pratique, la plupart des façades haussmanniennes sur rue entrent dans les exceptions. Les façades sur cour, les murs pignons et les immeubles en béton des années 1960 et 1970 se prêtent en revanche souvent bien à une isolation par l’extérieur. La question doit être étudiée dès le diagnostic, car elle change le budget, la durée du chantier et les aides possibles.
Quelles aides pour financer un ravalement ?
Un ravalement d’entretien, c’est-à-dire nettoyage, réparations et peinture, ne bénéficie presque jamais d’aides publiques nationales. Les aides sont réservées aux travaux qui améliorent la performance énergétique de l’immeuble.
- MaPrimeRénov’ Copropriété : elle finance une partie des travaux si l’ensemble du projet permet un gain énergétique d’au moins 35 %. Elle suppose de faire appel à des entreprises RGE et d’être accompagné par un assistant à maîtrise d’ouvrage (AMO).
- Les primes CEE (certificats d’économies d’énergie) : versées par les fournisseurs d’énergie pour certains travaux d’isolation.
- L’éco-prêt à taux zéro copropriété : un prêt collectif sans intérêts pour financer des travaux de rénovation énergétique.
- Les aides locales : certaines communes d’Île-de-France subventionnent le ravalement. Renseignez-vous auprès de votre mairie.
Les conditions de ces aides évoluent régulièrement. Un point est en revanche constant : le dossier doit être déposé et accepté avant le début des travaux.
Au-delà des aides, la copropriété peut s’appuyer sur son fonds de travaux, voter un étalement des appels de fonds sur plusieurs échéances, ou souscrire un emprunt collectif auquel chaque copropriétaire choisit d’adhérer ou non.
Combien de temps dure un ravalement, et quand le faire ?
Comptez en général 4 à 6 mois entre la décision de lancer le projet et le démarrage du chantier : diagnostic, devis, assemblée générale (convocation au moins 21 jours avant), déclaration préalable et autorisation de voirie.
Le chantier lui-même dure le plus souvent 2 à 4 mois pour un immeuble parisien classique. Une façade en pierre de taille à restaurer, un immeuble haut ou plusieurs façades sur cour peuvent demander davantage.
La météo joue un rôle important. Les enduits, la chaux et les peintures ne s’appliquent ni sous la pluie, ni en période de gel, et la plupart des produits demandent une température d’au moins 5 °C. C’est pourquoi les ravalements se programment de préférence du printemps à l’automne. Un chantier qui démarre en novembre risque des arrêts et un allongement des délais. Si le vote a lieu à l’assemblée générale de printemps, un démarrage à la fin de l’été ou au début de l’automne suivant est souvent réaliste.
Vivre dans l’immeuble pendant le ravalement
Les résidents restent chez eux pendant toute la durée des travaux. Quelques désagréments sont inévitables, mais une entreprise organisée les limite beaucoup :
- l’information : un affichage dans le hall et un courrier du syndic annoncent les dates, les horaires et les consignes avant le démarrage ;
- les fenêtres : elles sont protégées par des films pendant le nettoyage et la peinture. Il faut parfois les garder fermées quelques heures ou quelques jours, façade par façade ;
- la sécurité : l’échafaudage est équipé de filets et d’un dispositif anti-intrusion, et l’accès à l’immeuble reste dégagé en permanence ;
- le bruit : il se concentre surtout pendant le montage et le démontage de l’échafaudage et pendant le piquage des enduits ;
- la propreté : les abords et le hall sont nettoyés régulièrement.
Pensez à prévenir vos locataires si vous louez votre appartement, et à demander aux résidents de dégager balcons et appuis de fenêtres (jardinières, paraboles, linge) avant le montage de l’échafaudage.
Comment bien choisir son entreprise de ravalement ?
Le choix de l’entreprise compte autant que le budget. Voici les points à vérifier avant de signer :
- L’assurance décennale, à jour et couvrant explicitement les travaux de façade, ainsi que la responsabilité civile professionnelle.
- Des références comparables : des immeubles en copropriété, dans votre secteur, avec un support du même type que le vôtre. Une entreprise habituée au béton n’a pas forcément l’expérience de la pierre de taille ou du plâtre.
- Un devis détaillé, poste par poste : surfaces, techniques de nettoyage, produits, nombre de couches, zinguerie, échafaudage, protections, délais.
- La connaissance des démarches parisiennes : déclaration préalable, exigences de l’ABF, autorisation de voirie.
- Un interlocuteur unique, joignable par le syndic et le conseil syndical du début à la fin du chantier.
Les erreurs qui coûtent cher
- Choisir uniquement sur le prix. L’écart entre deux devis cache presque toujours une différence de préparation, de produits ou de périmètre.
- Oublier la façade sur cour ou les pignons. Le ravalement n’est pas conforme et il faudra y revenir.
- Utiliser des produits incompatibles avec le support, comme du ciment ou une peinture étanche sur de la pierre ou du plâtre.
- Ignorer la zinguerie. Sans protection des saillies, la façade neuve se salit de nouveau en quelques années.
- Démarrer en plein hiver pour tenir un délai, au risque d’arrêts de chantier et de malfaçons.
- Ne pas anticiper la question de l’isolation, qui peut obliger à revoir tout le projet après le vote.
Quelles garanties après un ravalement ?
La réception des travaux fait démarrer plusieurs garanties :
- la garantie de parfait achèvement (1 an) : l’entreprise doit réparer tous les désordres signalés pendant la première année ;
- la garantie biennale (2 ans) : elle couvre les équipements dissociables du bâtiment ;
- la garantie décennale (10 ans) : elle couvre les désordres graves qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination, par exemple des infiltrations à travers un enduit ou un revêtement d’imperméabilité.
Une simple peinture décorative n’entre pas toujours dans le champ de la décennale. C’est une raison de plus pour demander à l’entreprise ses attestations d’assurance et de vérifier ce qu’elles couvrent.
Exemple de chantier : Rue de Charenton, Paris 12e
KRA Bâtiment a réalisé le ravalement de la façade enduite d’un immeuble de 4 étages rue de Charenton, dans le 12e arrondissement. L’immeuble est resté entièrement occupé pendant les travaux : les résidents ont continué à vivre normalement, avec un accès aux logements maintenu en permanence.
Questions fréquentes
Le ravalement est-il obligatoire tous les 10 ans à Paris ?
Oui. Paris impose un ravalement au moins tous les 10 ans, et la mairie peut envoyer une injonction plus tôt si la façade est dégradée.
Combien coûte un ravalement de façade à Paris ?
Le plus souvent entre 50 et 150 € TTC par m² de façade, échafaudage compris. Une façade en pierre de taille à restaurer peut dépasser 200 € par m².
Qui paie le ravalement en copropriété ?
Tous les copropriétaires, selon leurs tantièmes de charges générales, par des appels de fonds votés en assemblée générale.
Quelle majorité faut-il pour voter un ravalement ?
La majorité simple de l’article 24 de la loi de 1965, c’est-à-dire la majorité des voix exprimées des copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance.
Combien de temps dure un chantier de ravalement ?
En général 2 à 4 mois pour un immeuble parisien classique, et davantage pour une façade en pierre de taille ou un immeuble avec plusieurs façades sur cour.
Peut-on faire un ravalement en hiver ?
C’est déconseillé. Les enduits et peintures ne s’appliquent ni sous la pluie ni par temps de gel. Les ravalements se programment de préférence du printemps à l’automne.
Faut-il une autorisation pour ravaler une façade à Paris ?
Oui, une déclaration préalable de travaux, avec l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France en secteur protégé, ainsi qu’une autorisation de voirie si l’échafaudage occupe le trottoir.
Est-on obligé d’isoler la façade lors d’un ravalement ?
En principe oui, si le ravalement porte sur au moins 50 % de la façade. Mais les exceptions sont nombreuses à Paris : impossibilité technique, façade patrimoniale ou coût disproportionné.
Existe-t-il des aides pour un ravalement ?
Pas pour un ravalement d’entretien seul. Les aides, comme MaPrimeRénov’ Copropriété, concernent les projets qui incluent des travaux de rénovation énergétique.
Peut-on rester chez soi pendant les travaux ?
Oui. Les résidents restent dans leurs logements pendant tout le chantier, et l’accès à l’immeuble est maintenu en permanence.
Un projet de ravalement pour votre copropriété ?
Depuis 20 ans, KRA Bâtiment intervient à Paris et dans toute l’Île-de-France pour le ravalement, la rénovation et la peinture des immeubles en copropriété. Notre gérant, fort de plus de 40 ans d’expérience sur les façades parisiennes, se déplace pour examiner votre façade et vous remettre un devis détaillé, prêt à être présenté en assemblée générale.
Le ravalement est aussi souvent l’occasion de rafraîchir les parties communes intérieures : consultez notre guide de rénovation de cage d’escalier en copropriété.
Sources
- Code de la construction et de l’habitation, dispositions relatives au ravalement des façades (Légifrance)
- Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété, article 24 (Légifrance)
- Décret n° 2016-711 du 30 mai 2016 relatif aux travaux d’isolation en cas de ravalement (Légifrance)
- Ville de Paris, page « Ravalement de façade » (paris.fr)
- Anah, page « MaPrimeRénov’ Copropriété » (anah.gouv.fr)
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